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Les annuaires de France nuisibles
Accueil / Dossier spécial sur le moustique tigre

Le moustique tigre, Aedes Albopictus

 

Aedes Albopictus, plus communément appelé moustique tigre est  originaire d'Asie du Sud Est et est l'une des dix espèces les plus invasives au monde.  Il est présent sur tous les continents et dans 80 pays. Etant installé dans l'Océan Indien depuis longtemps, c'est tout naturellement qu'il est présent dans les départements français  d'Outre-Mer comme à la Réunion. 

En Europe,  on l'a observé au début des années 1990 en Italie. Puis il  est arrivé en France en 2004 où il a trouvé ses marques dans les Alpes maritimes. Deux années plus tard, il a surgit en Corse et depuis il conquiert chaque année un peu plus de territoire.

Le moustique tigre ne se cantonne pas exclusivement au sud de la France, puisqu'il a été vu en Loire Atlantique et non loin de Paris. Cependant, il faut être conscient que dorénavant le moustique tigre est  ancré dans les régions PACA et dans le Languedoc Roussillon et que ceci est irrévocable.

Les départements officiellement  colonisés à ce jour sont :

Corse, Alpes Maritimes, Var, Bouches du Rhône, Vaucluse, Gard, Hérault, Ardèche, Aude, Pyrénées-Orientales, Lot et Garonne.

Comment l'insecte s'y est-il pris pour conquérir le monde ? Grâce à nos vieux pneus dont il utilise l'eau stagnante pour y déposer ses œufs, qui par ce procédé voyagent de pays en pays.  Des scientifiques avancent l'hypothèse que ce moustique serait attiré par une odeur dégagée par des pneus usagés. Ce transport de personnes ou de marchandises assure sa propagation essentiellement par voies routières. Même s'il est possible que le développement se fasse par voie ferroviaire ou navigable,  ces dernières restent anecdotiques. Aedes Albopictus s'étend ainsi chaque année un peu plus sur notre territoire en doublant le sien. Les scientifiques jugent qu'il sera présent sur l'ensemble de l'hexagone d'ici 2030.

Si toutefois le moustique tigre n'évoque rien pour vous, il est fort à parier que le mot Chikungunya, vous parle davantage. Le lien entre les deux ? C'est le moustique tigre qui est le vecteur de cette affection, tout comme de la dengue.

Une surveillance a été mise en place en France depuis 1998, décidée par le Ministère de la Santé et reléguée par l’ADEGE (Agence Nationale pour la Démoustication et la Gestion des Espaces naturels démoustiqués). En 2006, un plan national pour restreindre le chikungunya , la dengue et contrôler la dissémination du moustique tigre a été décrété notamment par l'implantation de pièges pondoirs dans des endroits propices à leur nichage. Les aéroports, aires d'autoroute, plateformes de fret, les marchés de gros sont également sous surveillance.

Les pièges sont  des seaux noirs, cette couleur attirant les moustiques tigre. Ils sont remplis aux trois quart d'eau qui a macéré durant 3 jours avec du bois, on y place des pondoirs en polystyrène, du produit  insecticide afin d'empêcher le développement des larves. Les coordonnées gps sont relevées et des photos  indiquant les lieux des pièges sont notées. Ces derniers sont  placés sous les buissons, arbustes et  sont ensuite relevés et remplacés tous les mois entre avril et novembre. Une fois récolté, le contenu des pièges est trié afin de vérifier s'il compte des œufs de moustique tigre, permettant ainsi le contrôle de la présence et  le déploiement de l'insecte.

Environ 1000 pièges sont disposés dans les régions à risques avérés ou estimés, ce réseau étant ajusté régulièrement compte tenu à la fois du terrain et de la situation.

 

Le reconnaitre

aedes albopictusAedes albopictus tire son nom de moustique tigre  en raison des rayures qu'il a sur ses pattes. Par ailleurs, il arbore une ligne blanche tout le long de son thorax noir. Sa taille varie considérablement d'un individu à l'autre, allant de 2mm de long à 8 mm.

Il n'est pas l'insecte volant le plus vif, c'est même plutôt l'inverse! Il vole plus lentement que les autres, monte rarement dans les étages des habitations, leur préférant largement les rez-de-chaussée. Si vous l'écrasez, vous remarquerez une sorte de poudre émanant de son corps. Il n'a pas non plus une âme d'aventurier paradoxalement au fait qu'il colonise le monde petit à petit, car on remarque qu'il s'éloigne rarement de plus de 100 mètres de son gîte de ponte.  A l'état naturel, Aedes Albopictus pond dans des creux d'arbres toutefois il s'est acclimaté à d'autres supports pour pondre, décuplant ainsi son aptitude à progresser au niveau mondial.

Si toutefois vous aviez le doute sur un moustique ou que vous en capturez ou tuez un, prenez une photo de l'insecte ou à défaut, collez-le directement sur une feuille de papier et envoyez le cliché par e-mail à l' Entente Interdépartementale pour la Démoustication  dont vous dépendez :

 

 

EID Loire Atlantique

AID Atlantique Direction Scientifique   et Technique

Mission Veille Sanitaire

1 rue Toufaire

17 300 ROCHEFORT

 

EID Rhône Alpes

Entente   Interdépartementale Rhône-Alpes pour la Démoustication
  31 Chemin des Prés de la Tour - 73310 CHINDRIEUX

 

EID Méditerranée

EID Pôle méditerranéen de   l’environnement littoral

165 rue Paul Rimbaud

34184 Montpellier cedex

 

SIVU 67

SIVU Lutte contre les moustiques

19-21,rue de la 1ere Armée

67630 Lauterbourg

ARS Corse

Dr Hélène Barre-Cardi

ARS de Corse et CNRS UMR 6134   Université de Corse

Faculté des Sciences et Techniques   Laboratoire Parasites et Ecosystèmes Méditerranéens

BP52 20250 Corte

 

 Comportement

Le moustique tigre est très agressif, il pique en journée et plus particulièrement à l'aube et au crépuscule. Et mauvaise nouvelle pour nous, il semblerait que notre sang soit le met d'excellence de ce moustique. En effet, des études ont été menées mettant en évidence que lorsque le moustique tigre a le choix entre plusieurs cibles de différentes espèces, l'Homme est choisi dans 70 à 90% des cas !

On peut ressentir sa piqûre, qui peut etre très douloureuse. Elle gratte immédiatement pendant quelques instants puis s'arrête mais peut être réactivée par le contact d'eau chaude notamment, comme la douche.

Elle provoque un bouton qui a l'air d'une cloque plate semblable à une ampoule, qui tire sur les rouges et qui peut s'élargir en fonction de la réaction cutanée dont le diamètre peut aller de 5mm à 2cm.

Le moustique tigre est un moustique urbain, commensal et résistant (diapause et dessiccation).  Il a su s’adapter aussi bien à des conditions climatiques que des milieux  différents (zones urbaines).

Sa femelle pond à la limite des eaux stagnantes ainsi que dans des flaques d'eau formées après de grosses pluies. Attention l'œuf résiste à la dessiccation et a la capacité de survivre en absence d'eau durant plusieurs jours, éclosant lorsque l'eau réapparait.

Les endroits susceptibles d'être retenus pour pondre sont  généralement des sites crées par l'Homme comme les vases, pots, jardinières, seaux, boites de conserve, gouttières, citernes, fûts, pneus, les réceptacles divers d'eaux pluviales ou domestiques qui restent découverts et tous types de récipients laissés à l'abandon en fer ou plastique.

 Ces objets se trouvant fréquemment chez des particuliers, il est compliqué non seulement d'en faire le décompte mais aussi de les supprimer. Il est donc demandé à chacun de faire le point chez soi en observant dans son jardin, sa cour si de tels objets sont présents et de les supprimer.

Le réchauffement climatique est propice à l'expansion du moustique tigre, notamment par l'apparition de tsunamis qui provoquent des inondations importantes offrant de nouveaux et davantage d'endroits pour pondre.

Afin de pondre, une température de 25 à 30 °C est attendue. Une femelle pond 74 œufs tous les 3 à 4 jours qui engendreront des adultes en une petite semaine seulement!

Par une température de 25°C, une femelle vit 29 jours, à 30°C, elle vit 32 jours, cependant, en moyenne un moustique tigre vit entre deux à six semaines.

Malgré les traitements insecticides, on ne peut que constater une progression du moustique tigre. Le corps scientifique est interpellé par cette réalité et redouble d'efforts afin de trouver une solution pour limiter cette espèce.

Une nouvelle piste est explorée : la stérilisation des mâles. Des élevages sont donc faits pour produire des mâles stériles. Ensuite, il faudra les relâcher afin qu'ils s'accouplent avec des femelles. Les femelles pouvant être fécondées par plusieurs mâles, on espère que 50% des œufs qu'elles produiraient seraient stériles. Pour que cette méthode soit efficace, les scientifiques ont calculé qu'il faudrait fournir cinq fois plus de mâles stériles sur une zone spécifique que les mâles féconds. Concrètement cela correspond à  7500 moustiques stériles pour  1 hectare.

L'avantage de cette méthode est double : d'une part aucun produit chimique n'est utilisé, d'autre part, cela cible véritablement qu'une seule espèce. Ce qui n'est pas le cas lors d'une utilisation d'insecticides qui atteignent d'autres insectes.

L'inconvénient est la crainte que peut susciter une telle technique : les associations  de défense des animaux craignent que la suppression de moustique ne laisse une autre espèce ou en crée une autre plus dangereuse ou nocive pour l'Homme.

 

Législation

Dans l'objectif de circoncire l'invasion et l'importation des maladies liées au moustique en France métropole, le ministère de la santé a mis en place un plan national pour limiter la propagation du chikungunya et de la dengue depuis 2006. Ce plan est revisité chaque année et réactualisé en fonction de l'évolution de la situation.

 Cette action démarre au 1er mai de chaque année dans les zones déjà infestées et se fait en collaboration avec les associations de l'Entente Inderdépartementale de Démoustication et l'Agence Régionale de Santé pour la Corse.

Le but est multiple :

Déceler la présence du moustique tigre pour éviter la conquête de nouveaux territoires et donc de son étendue. En parallèle, on peut évaluer la croissance de sa surface de déploiement sur les zones déjà colonisées.

Détection des cas autochtones, pour surveiller et orienter la lutte anti-vectorielle.

- Procéder à des études médicales sur les cas avérés de dengue ou de chikungunya  en France pour pouvoir trouver des traitements médicaux à ce jour totalement inexistants.

Lancer des opérations de démoustication dans la zone où le cas a été détecté.

Sensibilisation des populations notamment dans les zones d'infestation avérées dans l'idée de supprimer au maximum les gîtes de reproduction.

Par ailleurs, il est obligatoire de déclarer tout cas de chikungunya  ou de dengue avéré, afin de surveiller les cas importés pour mettre en place des mesures relatives à la prévention de la transmission de la maladie. Cela contribue par ailleurs au suivi des tendances épidémiologiques et des sérotypes qui circulent en France. Ces déclarations sont faites par les autorités médicales suite à des analyses réalisées selon une procédure spécifique déterminée par le ministère de la santé.